http://quebec.huffingtonpost.ca/2016/03/22/occupied-serie-politique_n_9522500.html



La Norvège prend la décision d’arrêter le forage de pétrole pour se tourner sur les énergies alternatives. En représailles, la Russie envahit sine die le pays sous la complicité des capitales européennes. Avec Occupied, disponible sur Netflix, Erik Skjoldbjærg et Karianne Lund réalisent une série d’anticipation ambitieuse et passionnante.

Au-delà de son amorce spectaculaire, l’originalité d’une production comme Occupied réside dans son propos géopolitique radical. Comment pourrait-on aujourd’hui imaginer l’invasion d’une démocratie occidentale? Surtout, que l’on assiste ici à une agression plutôt particulière.

En effet, sans bombardement ni guerre ouverte, les Russes s’emparent d’Oslo presque incognito afin de mettre la nation nordique sous sa tutelle. Malgré tout, on pense à l’Ukraine qui vient de connaître une situation similaire avec l’annexion récente de la Crimée. Même si les raisons de la présence russe y sont radicalement différentes et beaucoup plus violente, l’actualité à chaud donne du réalisme et de la crédibilité à la série qui a pourtant été écrite bien avant le conflit entre Moscou et Kiev.

Choisir son camp

On doit l’idée d’Occupied à l’écrivain de polars Jo Nesbø, dont les célèbres romans sont habités par les fantômes de l’Occupation durant la Seconde Guerre. Considéré comme le maître du thriller scandinave, le père du détective Harry Hole s’est inspiré de sa propre vie. Ses grands-parents paternels anticommunistes ont collaboré avec les nazis pour contrer les avancées des Soviétiques à la frontière russe. Du côté de sa mère, la famille était dans la Résistance.

«En Norvège, tout le monde se dit fils d’un ancien résistant. Or, en 1940, quand l’Allemagne a envahi notre pays, la plupart des gens ont baissé la tête et ont coopéré. Je me suis souvent posé la question de savoir ce que j’aurais fait, ce que ma génération aurait fait, en 1940. C’est le point de départ d’Occupied», a raconté en octobre dernier l’écrivain en entrevue pour la chaîne franco-allemande Arte.

La production de dix épisodes qui tient en haleine du début jusqu’à la fin se situe dans un avenir proche. Le premier ministre norvégien, ex-militant écologiste nouvellement élu, annonce que pour contrer le réchauffement climatique, son gouvernement va mettre fin à l’exploitation de l’or noir qui a fait la fortune de la nation viking. L’intervention des Russes change la donne. Aux Norvégiens maintenant d’accepter ou de résister.

«La question centrale, c’est comment les Norvégiens vont réagir, autrement dit comme réagirions-nous face à un occupant qui ne bouleverse pas, dans le fond, notre quotidien. En sous-texte, Occupied interroge sur les notions de démocratie, de liberté, d’indépendance face à une telle situation», a raconté Jo Nesbø au journaliste de Télérama dans un article publié en 2014.

Occupied met en vedette des comédiens européens: des Norvégiens, des Russes, des Anglais et des Français se donnent la réplique. Ils interprètent une brochette de personnages aux intentions différentes. Il y a Jesper Berg, ledit premier ministre naïf et son garde du corps Hans Martin, un homme pragmatique dont l’influence va s’accroitre au fil de la première saison.

Pendant ce temps, un journaliste idéaliste va tenter d’alerter la population sur la présence des forces du Kremlin. Une espionne et la propriétaire d’un restaurant sont également mises en scène. En tout, on fait la connaissance d’une dizaine de personnages déchirés entre l’amour de leur pays et le fait accompli.

Occupied (Okkupert) – Drame – Norvège, France, Suède – 10 épisodes de 45 minutes – Sur Netflix Canada depuis février 2015.

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